236 Hurumzi, Stonetown

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Tanzanie - Stonetown,
de Gérald, le 28-05-2007

236 Hurumzi, Stonetown

Le temps semble s’être arrêté dans l’ex-Emerson & Green. Ou, plus exactement, en redonnant ses lustres d’antan à cet ancien palais, les propriétaires nous font remonter le temps. Antiquités, mobiliers anciens, soieries et autres draperies nous plongent dans une autre époque.

C’en est finit de l’Afrique telle que nous l’avons vécues ces dernières semaines, ce sont à présent tous les charmes de l’Orient qui s’offrent à nous. A tout instant, on s’attend à voir apparaître quelque danseuse du ventre au détour d’un couloir, débouchant de l’un ou l’autre des petits salons. Les escaliers tortueux, irréguliers, ajoutent encore au mystère des lieux.

L’adhan retentit, provenant d’un minaret tout proche, nous envoûtant davantage. Plusieurs fois par jour, dans toute la ville, nous entendrons ainsi le muezzin lancer son appel à la prière, parfois relayé par des haut-parleurs. Scandé, modulé en quinze ou dix-neuf paroles, son appel raisonnera dans les ruelles de Stonetown afin de réveiller les croyants, pour qu’ils se préparent à la prière.

Stonetown, le coeur de Zanzibar ! Car nous sommes bel et bien sur l'ile aux épices, et avec près de deux semaines d'avance.

Un petit retour en arrière s'impose.

A Livingstone entre les chutes Victoria à pied, à vélo, en ULM,... (impossible de se contenter d'une seule journée dans ce site extraordinaire de démesure - voir le diaporama), nous entendons parler de chikangas. Jamais entendu ce nom auparavant et obtenir des renseignements ne sera pas facile. Il s'agit en fait de bulbes d'orchidées sauvages récoltés pour la consommation. Cette coutume se limitait à l'origine à l'ethnie Bemba mais s'est étendue à tout le centre et le nord de la Zambie, menaçant de disparition pure et simple différentes variétés d'orchidées. Il n'en faut pas plus pour que nous nous lancions sur "la piste des chikangas!"

Et nous voilà à Lusaka, où l'on en vendrait quelque part au fin fond du marché de Soweto. Dire qu'il s'agit d'un grand marché populaire est peu dire. Il est immense, couvrant la superficie de plusieurs terrains de football, tribunes, buvette et sanitaires compris! Et là, on trouve de tout: un terrain pour les vêtements, un autre pour les fruits et légumes, un pour le bois, le charbon de bois, le fer blanc, ... de tout, je vous dit, de tout! Sauf des blancs! Enfin, ce vendredi, il y en a deux qui sème l'étonnement, la stupéfaction, la curiosité sur leur passage. Parfois aussi des rires ou des insultes.

Tant que l'on s'enfoncera dans cet ammoncellement de marchandises, dans cet imbroglio d'échoppes et de comptoirs, tout ira bien. Les ennuis pourraient surgir lorsque nous voudrons en sortir.

Arrivés au bout, nous achetons quelques bananes, oranges et cacahuètes à différentes mamas, affichant ainsi clairement que nous faisons nos courses ici et qu'il ne faut pas nous confondre avec de simples touristes venus visiter la misère des banlieues. Les cacahuètes seront notre laissez-passer ainsi que notre accès aux chikangas.

Nous avons bien entendu laissé nos sacs, passeport, argent,... dans la chambre, n'emportant que quelques Kwatcha, un compact numérique dans une poche et la caméra HDV dans l'autre. Elle n'en sortira cependant pas.

Celà se passe plutôt bien et nous finissons, après pas loin de deux heures de recherche, accroupis près d'une vieille femme assise par terre avec, devant elle, plusieurs petits tas d'une dizaine de bulbes noirâtres. S'agit-il de chikangas?

Bien entendu, elle ne parle pas anglais. Sa voisine de gauche s'en mêle, puis celle de droite, puis ..., puis, ... C'est çà l'Afrique! L'une d'elle émerge plus fort que les autres: oui, vous devez les broyer loguement, ajouter du soda, ... broyer, tourner, soda, ... ajouter les cacahuètes, tourner, ..., une pâte, ... Trois à qutre fois, elle nous répètera la recette de ces petits gateaux, de ces espèces de cakes bientôt responsables de la fin des orchidées dans la région. On en achète un paquet et on s'éloigne un peu puis je fais demi-tour et reviens m'accroupir devant la mama, sors mon appareil photo, obtiens son accort et déclenche par deux fois avant que des jeunes ne s'interposent. Je décroche rapidemment et rejoint Véronique. Il est temps de dégager.

Juste à côté le CityMarket, sorte de halles couvertes. On y fait un tour. Ici aussi, on trouve de tout et surtout des poissons, de la viande, que ce soit volailles, porc ou boeuf, tête ou pied, steack ou viscère. Et abattoirs entre deux stands. Le Grand Bazar d'Istambul et les souks de Marrakech réunis feraient bien pâle figure à Lusaka.

Poursuivant notre traversée de la Zambie, nous arrivons dans le Copperbelt, au sol troué par les industries minières, au sous-sol exploité pour ses richesses en cuivre et en cobalt.

Un périlleux passage de frontière plus tard et nous retrouvons notre ami Guy à Lubumbashi. Il rentre de Belgique et nous a rapporté dix kilos d'équipement supplémentaire pour le Kilimandjaro. Y a plus quà les porter ! Guy s'occupe, entre autre, de l'approvisionnement de camps (exploitation minière) et travaille également au Bush Camp, THE restaurant de Lubumbashi. Véritable havre de paix dans son écrin de verdure à deux km du centre ville, la décoration et l'aménagement du Bush Camp frôle la perfection, dépassant dans sa finition et la recherche du détail tout ce que nous avons pu voir à ce jour en Afrique !

Bien que récent (trois ans), son livre d'or peut s'enorgueillir de signatures telles que celles de Khadja Nin ou Caroline de Monaco ! Nous y précédant de peu, D.Reynders, A.Flahaut et quelques autres de nos ministres y sont allés de leurs commentaires élogieux. Merci à Frank et à Mathilde d'avoir créé cet endroit et de l'accueil qu'ils nous y ont réservés.

La traversée du Katanga s'avérant problématique, nous renonçons au lac Tanganyika et partons directement vers le sud de la Tanzanie. Longues escales, bus de nuit, froid et fatigue auront raison de nous. Nous sommes aux portes de Ruhaha mais Véronique est épuisée, physiquement et moralement, souffre du genou droit et moi-même d'une tendinite à l'épaule gauche. Nous décidons de poursuivre la route jusque Dar es Salaam et d'y embarquer pour Zanzibar afin de nous reposer.

Quatre jours et une nuit de voyage seront nécessaires.

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Commentaires sur cet article
Genevieve
C'est toujours un réèl plaisir de vous lire. J'espère que vous aurez l'occasion de vous reposer un peu et de prendre soin de vous. On pense à vous. Bises. G M.J.
 

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