15/4: Willie nous lift de Bergville jusqu'en Little Switzerland, en bordure du Drakensberg, au coyote Café où nous attend un groupe qui part pour le Lesotho. On y va plus tôt que prévu.
"Power" est un des deux instituteurs de ce village dont je n'ai pas retenu le nom. C'est le premier ou le deuxième village après le poste frontière sur la piste venant de l'Afrique du Sud.
Il y a deux grands bâtiments pour l'école, l'un avec quatre tableaux sur les différents murs, l'autre avec trois. Et les anciens bancs en bois qui vont avec, naturellement.
Power donne cours à quatre classes différentes dans le même local, son collègue à trois classes. L'école primaire compte six degrés aussi au Lesotho mais comme la higth school est trop éloignée, ils assurent sept niveaux au village.
Power nous emmène ensuite dans la montagne pour une leçon d'histoire. Il aime son pays et son peuple, celà se sent. Et c'est dans un décor incroyable qu'il va laisser le champs libre à son enthousiasme.
Imaginez-vous à mi-hauteur d'une falaise, assis sur une roche plate, les pieds dans le vide, surplombant villages et cultures, et à quelques mètres derrière vous, des peintures Sans à même la roche!
Car la leçon d'histoire commence il y à 10.000 ans avec l'arrivée du peuple San, les premiers habitants d'Afrique du Sud.
Un peuple paisible que ces Sans. Ce qui leur valut de se retrouver Bushmens dans le Kalahari! Repoussés au-delà des montagnes, "là où la vie est difficile", par différentes tribus, les Zoulous, et finalement les fermiers blancs contre les armes à feu desquels ils ne purent rien faire.
Leurs peintures nous apprendra énormément sur leur mode de vie. Cueilleurs et chasseurs, ils étaient respectueux et économes vis-à-vis des ressources naturelles, laissant des plantes et du gibier pour d'autres tribus de passage, ou tout simplement, pour les jours difficiles. Grâce à leurs peintures, ils indiquaient où trouver du gibier, ce qu'ils avaient tués, les point d'eau, ... A ce sujet, les Sans ne tuaient pas les buffles car ces derniers devant boire deux ou trois fois par jour, leur présence les menait à la rivière.
Les peintures servaient aussi de "porte" vers un autre monde lors de leurs cérémonies religieuses.
Nous partagerons notre en-cas avec deux petites filles Basothos qui nous ont suivi (nous sommes dimanche, il n'y a pas école), avant de redescendre au village.
Power nous présentera la Sangoma, une femme âgée que les Basothos consultent pour leur problème de santé d'autant plus facilement qu'il n'y a qu'un médecin dans toute la vallée, et de 8h00 à15h00 uniquement. Après, la "clinique" est fermée.
Quelques galettes de maïs et épinards plus tard, le tout accompagné de grandes rasades d'une bière locale tout juste fermentée et bonne à boire, nous repartirons pour le Drakensberg.
Ce royaume des montagnes nous laisse l'impression d'un peuple paisible et serein, accueillant.
Peuplé de deux millions d'habitants, essentiellement des fermiers répartis sur tous le territoire et vivant en quasi-autarcie au milieu de leurs terres, se déplaçant à pied ou à cheval, il semble hors du temps, ce petit pays dont le village le plus bas du territoire est encore plus élevé que n'importe quel autre d'Afrique australe.
|